5 - Plaque rue des Fusillés
Le 26/02/2021 à 14h02 par Archives municipales
Résumé

Située 62 rue des Fusillés

 

Description du monument :

  • Plaque commémorative de la Seconde Guerre mondiale

 

Localisation :

  • 62 rue des Fusillés, sur le mur du GRETA.

 

Financement :

  • Ville d’Armentières.

 

Année de construction :

  • 1946 →inauguration le 14 juillet de la même année

 

Inscription :

  • 1939-1945

  • Le nom de rue des Fusillés a été donné à cette voie publique afin de perpétuer le souvenir de […] morts pour la France fusillés par l’ennemi au cours de l’occupation Allemande pour leur action patriotique dans la Résistance.

  • Remarque : le nom de Paul Desreumaux est mal orthographié → Deremaux

 

Évènement commémoré

  • En souvenir de cinq armentiérois fusillés par l’ennemi pour leur action dans la résistance, au cours de l’occupation allemande.

 

 

La déclaration de guerre

 

A l’été 1939, la situation politique en Europe est critique, la paix est menacée par la politique d’expansion d’Adolphe Hitler qui annexe à l’Allemagne nazie les territoires limitrophes (Autriche, Sudètes). La France et le Royaume-Uni qui veulent éviter une nouvelle guerre avec l’Allemagne, tentent timidement de dissuader Hitler de poursuivre ses plans d'annexion.

 

Tout bascule le 1er septembre 1939, lorsque Hitler envahit la Pologne. Les gouvernements Français et Britannique qui se sont engagés à défendre la Pologne en cas d'agression de l'Allemagne n'ont d'autre choix que de répliquer. Le 3 septembre, ils déclarent la guerre au Reich.

Partout en France, des affiches sont placardées, donnant l'ordre aux hommes mobilisables de rejoindre leur unité. Ainsi, plus de 5 millions d'hommes sont appelés sous les drapeaux.

 

 

La "Drôle de guerre" - Le premier départ

 

Le 20 mai à Armentières, des affiches demandent aux hommes mobilisables (âgés entre 18 et 55 ans) de rejoindre le département du Loir-et-Cher. Cinq jeunes camarades, Auguste Rio (18 ans), Louis Catiau (19 ans), Roger Barbry (16 ans), Ernest Lombart (19 ans) et Henri Leclercq (19 ans) décident de quitter Armentières. Arrivés à Abbeville dans la Somme, ils rencontrent des divisions allemandes les empêchant d’aller plus loin. À contre-cœur, ils rentrent à Armentières.

 

 

L'armistice - Le départ des Sept

 

En mai 1940, l’armée allemande, dans une offensive éclair, envahit les pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg. Elle passe le front français par la Meuse puis par Sedan, rendant inutile la ligne Maginot. Les troupes alliées ne parvenant pas à ralentir l’avancée allemande, se replient vers la côte nord de la France. Encerclées, elles embarquent à Dunkerque pour l’Angleterre. Près de 300.000 soldats sont ainsi évacués.

 

Devant l’avancée des troupes allemandes qui sont aux portes de Paris, le président Lebrun nomme à la tête du gouvernement le Maréchal Pétain, figure emblématique de la victoire de 1914-1918. Mais le 17 juin, le vieil homme âgé de 84 ans s’empresse de négocier la paix avec l’Allemagne. L’armistice est signée le 22 juin 1940 mettant ainsi fin à la guerre avec le Troisième Reich.

 

La défaite de la France est incompréhensible et les clauses particulièrement sévères de l’armistice vont peser sur la France jusqu’à sa libération en 1944. Désormais, la France est partagée en deux zones. Au Nord, la zone occupée par les troupes allemandes et au sud, la zone « libre » gouvernée par Pétain installé avec son gouvernement à Vichy. Refusant l’armistice, le général de Gaulle, parti pour Londres encourage tous les Français à continuer la lutte aux côtés de l’Angleterre, dans son appel du 18 juin.

 

A Armentières sept jeunes amis entendent bien continuer le combat contre l’ennemi allemand. Ils ont entre 17 et 20 ans et se prénomment Paul Desreumaux, Roger Barbry, Germain Lepoivre, Louis Catiau, Auguste Rio, Ernest Lombart et Henri Leclercq. Dans un premier temps, ils décident de récupérer des armes abandonnées par les troupes anglaises et allemandes dans la région de Steenwerck. Puis, souhaitant en faire davantage, ils décident de rejoindre l’Angleterre en passant par l’Espagne. Un matin de juillet, sans prévenir leur famille, ils enfourchent leur bicyclette en direction de la zone libre.

 

Ils parcourent près de 600 kilomètres jusque la ville de Montmorillon dans la Vienne, où vivent les grand-parents maternels de Henri Leclercq. Ils se rendent dans un bureau de recrutement dans l’espoir d’être engagés dans l’armée. Seuls Louis Catiau et Auguste Rio sont acceptés et rejoignent l’armée d’Afrique.

 

 

Les services de renseignement et l'arrestation

 

A Montmorillon, les cinq autres armentiérois sont recrutés par les services de renseignement et intègrent le réseau Kléber. Henri Leclercq et Germain Lepoivre effectuent de la recherche de renseignements dans le Sud ouest pour le réseau Kléber puis sont chargés de recueillir des renseignements sur l’armée allemande en zone occupée. Ils sont tous les deux arrêtés sur le terrain d’aviation allemand près de Saint-Omer le 14 mars 1941. Incarcérés à la prison de Loos, ils sont jugés et condamnés à mort pour espionnage le 26 juin. Ensemble, ils sont fusillés à la citadelle de Lille le 30 septembre 1941.

 

Basés à Périgueux, les trois autres amis effectuent également de la recherche de renseignements dans la zone libre. Ernest Lombart est chargé de porter du courrier entre les deux zones. Aidé d’un passeur, nommé Girodeau, il franchit la ligne de démarcation à de très nombreuses reprises mais, dénoncé par ce dernier, il est arrêté le 20 décembre 1941 et incarcéré au fort du Hâ à Bordeaux. Paul Desreumaux, arrêté peu de temps après, au début de l’année 1942, rejoint son ami en prison. Roger Barbry opère dans le sud-ouest de la France mais arrêté à deux reprises puis relâché, il regagne sa région natale en juin 1941. Dans les environs d’Armentières il recueille des renseignements, sollicitant parfois l’aide de son père. Le 23 février 1942, il est arrêté par cinq policiers allemands au domicile de ses parents. Incarcéré à la prison de Loos, il est transféré lui aussi au fort de Hâ et retrouve ses deux amis. Le 1er avril 1942, Roger Barbry et Ernest Lombart sont jugés et condamnés à mort pour espionnage. Ils déposent un recours en grâce qui leur est refusé. Ils sont exécutés au camp de Souges, près de Bordeaux dans l’après-midi du 14 avril 1942. Paul Desreumaux, ayant été hospitalisé pour une crise d’appendicite, ne peut comparaître en même temps que ses amis. Opéré le 21 mars il écrit à sa famille : « Que le jour de ma libération sera beau pour moi : respirer l’air pur du dehors, voir des gens marcher, je crois que cela sera pour moi une deuxième naissance ; tout va m’émerveiller, tout me semblera nouveau et meilleur.». Malheureusement, une fois rétabli, il est jugé à son tour et fusillé le 18 avril 1942 au camp de Souges.

 

 

Vue de la promenade de la prison du fort du Hâ à Bordeaux dans les années 1950, Archives Sud-Ouest.

 

 

Camp militaire de Souge (Gironde), vers 1925, Collection privée de cartes postales, Marcel Delboy.

 

 

Les noms commémorés sur la plaque

 

BARBRY Roger

DESREUMAUX Paul

LECLERCQ Henri

LEPOIVRE Germain

LOMBART Ernest

 

Sources:

Archives Municipales d'Armentières - 4 H 74 et 4 H 75

Fernagut (Alain), Le Mémorial de la rue des Fusillés, La Voix du Nord, 1999.

Fernagut (Alain), Auguste Rio l'un des Sept, La Voix du Nord, 2012.

Association du Souvenir des Fusillés de Souge (fusilles-souge.asso.fr)

Amicale des Anciens des Services Spéciaux de la Défense (aassdn.org)

Maitron des Fusillés (fusilles-40-44.maitron.fr)

Seconde Guerre mondiale - Mémoire des hommes (defense.gouv.fr)

 

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